Diriger la réussite des élèves

Dépliant 2013-2014

Demande d’accompagnement 2014-2015

Article paru dans la revue Connexion/direction, édition printemps 2014, écrit par Lise Kingsbury : Une intiative qui perdure

Un bref historique

2005 à 2012

Le projet Diriger la réussite des élèves a pris forme en 2005 dans le but de relever le défi lancé, à l’époque, par le ministère de l’Éducation, soit que :

Chaque élève ontarien parviendra à un niveau élevé en lecture, en écriture, en mathématiques et en compréhension d’ici l’âge de 12 ans. Pour mesurer les progrès, nous nous assurerons que 75 % des élèves atteignent la norme provinciale (ministère de l’Éducation de l’Ontario, 2005).

L’Association des directions et directions adjointes des écoles franco-ontariennes (ADFO), le Catholic Principals’ Council of Ontario (CPCO), l’Ontario Principal’s Council (OPC), le Secrétariat de la littératie et de la numératie (SLN) et le Service des programmes d’études Canada ont uni leurs efforts pour mettre en place ce projet appelé, au départ, Diriger la réussite des élèves : notre ligne directrice. À l’époque, et encore aujourd’hui, ce projet vise à renforcer la capacité de leadership pédagogique des directions et directions adjointes des écoles élémentaires de sorte que celles-ci possèdent les compétences requises pour aider le personnel enseignant de leur école respective à améliorer le rendement des élèves grâce à l’adoption de stratégies d’enseignement et d’apprentissage éprouvées en salle de classe.

Pour y parvenir, le projet Diriger la réussite des élèves (DRÉ) fait fond, depuis les premiers jours de sa création, sur une approche tripartite pour fournir de l’aide aux leaders scolaires. À l’échelon provincial, on a formé une équipe de direction du projet DRÉ composée de représentants de l’ADFO, du CPCO, de l’OPC, du SLN et du Service des programmes d’études Canada et chargée d’orienter le projet, d’organiser des colloques provinciaux et de fournir des ressources. À l’échelon du district, on a réparti les participantes et participants au sein d’équipes de directions apprenantes (ÉDA) afin d’encourager l’apprentissage professionnel et le réseautage. Enfin, au niveau des écoles, on a demandé aux directions et directions adjointes participantes de constituer des communautés d’apprentissage professionnel (CAP) dans le but de favoriser la mise en place d’une approche coopérative sur le plan de la planification et de l’enseignement.

Outre cette approche tripartite, le projet DRÉ comporte un important volet de recherche qui est dirigé, depuis les débuts, par M. Kenneth Leithwood, professeur émérite, Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de l’Université de Toronto. La recherche a cinq grands objectifs, soit :

  • d’évaluer l’efficacité du projet DRÉ à remplir son rôle;
  • de déterminer les besoins en matière d’apprentissage professionnel des participantes et participants;
  • de recueillir et d’analyser des données sur l’amélioration du rendement des élèves;
  • d’améliorer les pratiques d’enseignement dans l’ensemble de la province en tirant des leçons des constatations;
  • d’éclairer les orientations futures du projet.

Au cours de ses deux premières années d’existence (2005 à 2007), le projet visait à favoriser l’apprentissage professionnel des participantes et participants au moyen de présentations faites par des spécialistes comme Richard Sagor, Michael Fullan, Carmel Crévola, Lorna Earl et Steven Katz et ayant pour sujet : l’intelligence émotionnelle, la recherche-action, les communautés d’apprentissage professionnel, les stratégies efficaces d’évaluation et d’enseignement ainsi que l’accompagnement des écoles dans un milieu regorgeant de données (leading schools in a data-rich world). Afin que ces séances de formation profitent au plus grand nombre possible de participantes et participants au niveau des districts, on a préparé, en collaboration avec le Service des programmes d’études Canada, des guides pour les facilitateurs ainsi que des DVD de ces présentations.

À la fin de l’année scolaire 2007, le projet a commencé à s’intéresser davantage aux principales conditions qui, selon des données probantes, ont les effets les plus directs et les plus importants sur les élèves et sur leur apprentissage (Leithwood, 2007). Au cours du colloque provincial annuel, on s’est donc efforcé d’améliorer la compréhension des participantes et participants en ce qui a trait à ces conditions clés et de leur offrir des occasions de planification pour qu’ils puissent mettre en place ces conditions dans leur communauté scolaire respective. Les conditions clés en question sont les suivantes :

  1. La priorité à l’apprentissage scolaire – le personnel enseignant et les élèves établissent des objectifs élevés, mais réalistes à l’intention des élèves, et le personnel enseignant assure un enseignement de qualité supérieure afin que les élèves puissent réaliser ces objectifs.
  2. Le climat disciplinaire au sein de l’école – il s’agit d’un climat propice permettant de réduire au minimum les distractions de l’élève qui empêchent son apprentissage; l’instauration de ce climat est une responsabilité collective qui incombe à toute la communauté scolaire.
  3. L’efficacité collective du personnel enseignant – en tant que groupe, le personnel enseignant est convaincu que son action collective lui permettra de relever les défis et de surmonter les difficultés auxquelles il se heurte.
  4. La confiance du personnel enseignant – la confiance des membres du personnel enseignant envers leurs collègues, les élèves et les parents témoigne de leur certitude que les autres membres du personnel leur donnent leur appui et essaient de contribuer à la réalisation des mêmes objectifs, que les élèves s’investissent dans leur apprentissage et que les parents contribuent à la maison et à l’école.
  5. Le temps consacré à l’apprentissage – tout est organisé au sein de l’école pour faire le meilleur usage possible du temps consacré aux études afin qu’il y ait suffisamment d’occasions d’apprentissage véritable et d’amélioration de la compréhension.
  6. L’enseignement ciblé – s’entend d’un enseignement dynamique et instantané qui suppose la surveillance étroite des activités en salle de classe, la rétroaction rapide aux élèves concernant leurs progrès et la clarté des objectifs de la matière à l’étude.

En 2007-2008, les directions et directions adjointes ont renforcé leur capacité de leadership pédagogique relativement aux conditions clés d’apprentissage et ont mis en commun les pratiques efficaces d’enseignement adoptées dans leur école et leur district. C’est alors que s’est amorcée la prochaine étape de l’évolution du projet DRÉ, à savoir la création du réseau social DRÉ, ou réseau NING, et l’attention portée à l’enquête collaborative, plus particulièrement au Parcours fondamental d’enseignement et d’apprentissage (PFEA). En appui à cette dernière initiative, le Service des programmes d’études Canada a publié divers documents de soutien sur NING et a prêté main-forte au projet DRÉ pour préparer un certain nombre de cyberconférences.

Dans la même veine, afin de favoriser la mise en œuvre efficace du processus lié au PFEA au sein des différents districts et des nombreuses écoles participant au projet DRÉ, on a organisé, en parallèle aux colloques provinciaux, des rencontres régionales en français et en anglais axées sur l’enquête collaborative. Chaque direction participante a assisté à deux de ces rencontres en compagnie d’un représentant de son personnel enseignant. Le mandat de ces derniers consistait à enclencher le processus d’enquête collaborative dans leur école respective. Le succès remporté par le processus a été tel que le ministère a approuvé un projet pilote visant à instaurer l’enquête collaborative dans les écoles secondaires. Le coup d’envoi a été donné au cours de l’année scolaire 2009-2010 et la mise en place se poursuit, depuis, à un rythme croissant. On a invité les directions prenant part au processus d’enquête collaborative dans leur école à créer des lieux de rencontre et des réseaux avec leurs collègues d’autres écoles, d’où la nécessité de renommer le projet DRÉ Diriger la réussite des élèves : Réseaux d’apprentissage.

Compte tenu de l’intérêt porté par le projet DRÉ à l’enquête collaborative et aux conditions clés d’apprentissage ainsi que de la mise en place du Cadre de leadership de l’Ontario, le besoin d’harmonisation de ces deux initiatives ne faisait plus aucun doute, tout comme la nécessité d’accueillir au sein de l’équipe de direction du projet DRÉ des représentants provenant de la Direction du développement du leadership du ministère. Qui plus est, l’ajout des directions d’école secondaire au projet exigeait incontestablement que des représentants de la Direction du rendement des élèves se joignent à l’équipe de direction. L’équipe de direction s’est donc agrandie considérablement afin d’inclure les représentants de ces deux directions.

La recherche est demeurée une composante essentielle du projet DRÉ et, en 2010, M. Leithwood a présenté un rapport important dans lequel il décrivait les progrès réalisés à ce jour et proposait une théorie de l’action qui est devenue, plus tard, la Théorie de l’action du projet DRÉ. Celle-ci continue d’être peaufinée à mesure que le projet avance et que le travail accompli se précise. La figure ci-dessous illustre l’avancement du projet.

La figure précédente de la Théorie de l’action du projet DRÉ met en lumière ce qui suit :

  1. L’objectif ultime du projet est d’améliorer l’apprentissage des élèves.
  2. Quatre parcours de leadership pédagogique ont des effets sur l’apprentissage des élèves, à savoir le parcours rationnel, le parcours émotionnel, le parcours organisationnel et le parcours familial.
  3. Chaque parcours réunit des conditions clés ayant un effet direct sur l’apprentissage des élèves.
  4. Les initiatives mises de l’avant dans le cadre du projet DRÉ sont destinées à favoriser l’adoption, par les directions et directions adjointes, de pratiques de leadership qui permettront à ces derniers d’influer sur les conditions favorables au sein de chaque parcours et ainsi enrichir l’expérience des élèves, à la fois dans la salle de classe et dans l’ensemble de l’école.

On a dégagé au terme de l’année scolaire 2011-2012, soit la septième année du projet, les réalisations attendues suivantes :

  • deux colloques provinciaux par année;
  • des rencontres provinciales pour les leaders de district du projet DRÉ;
  • des rencontres régionales en français et en anglais;
  • des facilitateurs dans les écoles secondaires prenant part au projet;
  • un volet de recherche dirigé par M. Kenneth Leithwood;
  • de l’aide du Service des programmes d’études Canada par le truchement du réseau NING, de réunions virtuelles, de cyberconférences et de productions vidéo;
  • un cycle de conférences (par ex., Michael Fullan, Damian Cooper, John Hattie).

Les statistiques de participation sont les suivantes :

Écoles élémentaires Écoles secondaires
districts 53 districts 22
équipes de directions apprenantes 300 écoles secondaires 56
directions et leurs écoles 1932 directions et directions adjointes 70
agents de supervision et leaders du système 103 agents de supervision et leaders du système 29

Diriger la réussite des élèves : Réseaux d’apprentissage entame sa huitième année. Des colloques provinciaux auront lieu le 12 octobre 2012 et le 3 mai 2013, et huit rencontres régionales sont prévues en novembre et en décembre 2012.

L’énoncé qui suit résume bien le projet jusqu’à maintenant :

Le projet DRÉ regroupe un nombre impressionnant d’écoles et de leaders et compte sur une équipe de facilitateurs qualifiés. Il s’agit d’un effort concerté de grande envergure et hors du commun visant à renforcer la capacité des leaders scolaires d’améliorer l’apprentissage des élèves. De nouvelles données probantes encourageantes commencent à révéler les retombées des priorités du projet sur les établissements scolaires et l’apprentissage des élèves (Leithwood, 2011).